"Proust et les signes" chap 1

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"Proust et les signes" chap 1

Message par Gwladys le Jeu 19 Mar - 17:49

Proust et les signes Gilles Deleuze

Chapitre 1 : les types de signes

Bref résumé : Signes différents selon le monde :-domaine mondain-> signes vides
-domaine de l’Amour->signes mensongers -domaine du sensible-> signes matériels
-domaine de l’Art->signes essentiels

Développement :
La Recherche n’est pas simplement un effort de souvenir. Le mot recherche doit être pris au sens fort comme ds l’expression « recherche de la vérité ». Il ne s’agit pas d’une exposition de la mémoire involontaire mais du récit d’un apprentissage.
Apprendre c’est d’abord considérer une matière, un objet, un être comme s’ils émettaient des signes à déchiffrer et à interpréter.-> dc récit d’un apprentissage des signes.

Mais du fait de la pluralité des mondes (présents dans la vie comme dans la Recherche), les signes ne sont pas de même genre.

1) Premier monde : la mondanité :
.La tâche de l’apprenti est de savoir pkoi qqun est reçu ds un tel monde, pkoi qqun cesse de l’être…Charlus est le plus prodigieux emetteur de signes par sa puissance mondaine, son sens du théâtre,…Mais Charlus, poussé par l’amour, n’est rien cz les Verdurin. (et même ds son propre monde il finira par n’être plus rien qd les lois implicites auront changé.)
.Le signe mondain ne renvoie pas à qqch, il en « tient lieu », il prétend valoir pr son sens. D’où son aspect stéréotypé.

2) Deuxième monde : l’amour :

.La rencontre Charlus-Jupien fait assister le lecteur au plus prodigieux échange de signes. Devenir amoureux, c’est individualiser qqun par les signes qu’il porte. L’amour naît et se nourrit d’interprétations silencieuses.
.Mais contradiction de l’amour : Nous ne pouvons pas interpréter les signes d’un être aimé sans déboucher dans ces mondes qui ne nous ont pas attendu pr se former, qui se formèrent ac d’autres personnes, et où nous ne sommes d’abord qu’un objet parmi les autres. Ainsi l’aimé nous donne des signes de préférence ; mais ces signes ont déjà été utilisés pr d’autres avant nous, et le seront également pr ceux qui prendront notre place :
« Aussitôt sa jalousie, comme si elle était l’ombre de son amour, se complétait du double de ce nouveau sourire qu’elle lui avait adressé le soir même, et qui, inverse maintenant, raillait Swann et se chargeait d’amour pr un autre… De sorte qu’il en arrivait à regretter chaque plaisir qu’il goûtait près d’elle, chaque caresse inventée et dont il avait eu l’imprudence de lui signaler la douceur. » [ Du côté de cz Swann ]


.Les signes amoureux ne sont pas comme les signes mondains : ce ne sont pas des signes vides, ce sont des signes mensongers qui ne peuvent s’adresser à nous qu’en cachant ce qu’ils expriment. Ils ne suscitent pas une exaltation nerveuse superficielle à la manière des signes mondains, mais la souffrance d’un approfondissement.

3) Troisième monde : Impressions/ qualités sensibles :

.Signes qui suivent tjs le même déroulement :
- Joie prodigieuse et immédiate
- Le sentiment d’une obligation, d’une nécessité d’un travail de la pensée pr trouver le sens du signe (il arrive pourtant que nous nous dérobions à cet impératif par paresse, ou bien que nos recherches échouent par impuissance ou malchance -> ex des arbres ds l’œuvre de Proust)
- Apparition du sens du signe, qui cache parfois tout un monde comme l’ex de la petite madeleine qui rappelle au narrateur de Du côté de cz Swann son enfance à Combray

.Signes véridiques, à la différence des signes de l’amour et de la mondanité.

4) Quatrième monde : l’Art :

.Le monde révélé de l’Art réagit sur tous les autres et notamment sur les signes sensibles ; il les intègre, les colore d’un sens esthétique et pénètre ce qu’ils avaient encore d’opaque.

.L’essentiel se trouve ds les signes de l’Art.

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Chap 2

Message par Gwladys le Jeu 19 Mar - 18:45

Proust et les signes Gilles Deleuze

Chapitre 2 : Signes et vérité

.La Recherche du tps perdu, en fait, est une recherche de la vérité.= la vérité à un rapport très particulier ac le temps.
Qui cherche la vérité ? et qu’est ce qu’il veut dire celui qui dit « je veux la vérité » ? Proust ne croit pas que l’homme, ni même un esprit supposé pur, ait naturellement un désir du vrai. Nous ne cherchons la vérité que lorsque nous sommes déterminés à le faire en fonction d’une situation concrète, qd nous subissons une sorte de violence qui nous pousse à cette recherche. Qui cherche la vérité ? le jaloux par exemple, sous la pression des mensonges de l’aimé.

 Il y a tjs la violence d’un signe qui nous force à chercher, qui nous ôte la paix.
 La vérité ne se trouve pas par affinité, ni bonne volonté, mais se trahit à des signes involontaires.

Le tort de la philosophie c’est de présupposer en nous un amour naturel du vrai.

.Il convient de distinguer 4 structures du tps, chacune ayant sa vérité :
Le tps qu’on est en train de perdre
Le tps perdu
Le tps qu’on est en train de retrouver
Le tps retrouvé

.Il ya des signes qui nous forcent à penser le tps perdu, c'est-à-dire le passage du tps, l’anéantissement de ce qui fut = Altération constante
Cette altération se remarque ds les 4 mondes où on trouve des signes ds l’œuvre de Proust :

-la mondanité :
« les modes changent, étant nées elles-mêmes du besoin de changement »[ A l’ombre des jeunes filles en fleurs Proust ]
De plus, à la fin de La Recherche, Proust montre comment l’affaire Dreyfus, puis la guerre, mais surtout le Tps en personne, ont profondément modifiés la société.

-l’amour :
ce sont les signes de l’amour qui impliquent le tps perdu à l’état le plus pur = l’amour ne cesse pas de préparer sa propre disparition, de mimer sa rupture. -> Il en est de l’amour comme de la mort quand nous imaginons que nous serons assez vivants pr voir la tête que feront ceux qui nous auront perdu. Ainsi, de même, nous imaginons que nous serons encore assez amoureux pr jouir des regrets de celui que nous avons cessé d’aimer.-> L’amour anticipe sa propre fin, tel est le sens d’une scène de jalousie.(cette répétition de l’issue, on la retrouve ds l’amour de Swann pr Odette, ds l’amour pr Gilberte ou pr Albertine)

-le sensible
Il est plus étonnant que les signes sensibles, malgré leur plénitude, puissent être eux-mêmes des signes d’altération et de disparition. Mais cela s’explique par la contradiction même du souvenir qui procure à la fois joie et peine : joie car il s’agit d’un moment, d’une personne aimée ; peine car cette personne, ce moment n’est plus.

.Les signes sont également source de vérité lorsque l’on regarde à quelle fréquence ils sont utilisés : plus une personne est bornée, limitée, plus elle compense par des signes.

.Mais qui chercherait la vérité s’il n’avait d’abord appris qu’un geste, une intonation, un salut doivent être interprétés ? Qui chercherait la vérité s’il n’avait d’abord éprouvé la souffrance que donne le mensonge d’un être aimé ?
Il revient à l’intelligence de comprendre (et de nous faire comprendre ds le cas des artistes) que les signes les plus frivoles de la mondanité renvoient à des lois, que les signes les plus douloureux de l’amour renvoient à des répétitions.

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chap 3

Message par Gwladys le Jeu 19 Mar - 20:24

Proust et les signes Gilles Deleuze

Chapitre 3 : l’apprentissage

Bref résumé : l’apprentissage qui permet d’interpréter les signes est source de déceptions. Cela est dû à l’ « objectivisme », c'est-à-dire le fait de vouloir interpréter le signe a partir de l’objet qui l’émet (ainsi le héros de la Recherche qui ressent un vif plaisir en mangeant une madeleine commet tout d’abord l’erreur d’attribuer cette sensation à la madeleine elle-même.)
L’objectivisme est la première étape de l’apprentissage. La seconde étape consiste à vouloir associer l’objet qui émet le signe à d’autres objets. La dernière étape, à trouver l’essence de la signification et de l’objet. C’est cette étape qui permet d’interpréter le signe.

Développement :
L’œuvre de Proust n’est pas tournée vers le passé et les découvertes de la mémoire, mais vers le futur et les progrès de l’apprentissage.

Or l’apprentissage entraîne une série de déceptions, puis des moyens mis en œuvre pr les surmonter.

Lorsque l’on veut interpréter un signe, on passe par 3 étapes distinctes.

1)La première est l’ « objectivisme » qui consiste à attribuer à l’objet les signes dont il est porteur : nous pensons que l’objet lui-même a le secret du signe qu’il émet. Nous nous penchons sur l’objet, nous revenons à l’objet pr déchiffrer le signe-> ms échec.

En effet, chaque signe a 2 moitiés :il désigne un objet, il signifie qqch de différent. Ce que le signe signifie, nous le confondons ac l’être ou l’objet qu’il désigne.
-> ex du héros de La Recherche qui boit une seconde et une troisième gorgée de thé mêlée de madeleine, comme si l’objet lui-même allait lui révéler le secret du signe.

Apres cet échec, si on essaie de chercher la signification à l’aide de l’intelligence, on n’ira pas plus loin ds l’interprétation du signe. En effet, l’intelligence rêve de contenus objectifs, de significations explicites qu’elle serait par elle-même capable de découvrir. L’intelligence est dc objectiviste autant que la perception.

Proust lutte contre la littérature objectiviste. Il remet en cause la théorie de Sainte-Beuve à propos de la découverte de la vérité. Il s’oppose aux Goncourt qui décomposent un perso ou un objet, en retracent les lignes et les projections pr en tirer des vérités exotiques. Sans oublier l’art réaliste ou populaire qui croit aux significations bien définies (ce qui l’amène à prendre les ouvriers pr des imbéciles, par ex)

 Remarquons que notre déception n’est pas simplement celle donnée par la littérature objective, elle est aussi celle que nous procure notre impuissance à réussir ds cette forme de littérature : « la littérature ne pouvait plus me causer aucune joie, soit par ma faute, étant trop peu doué, soit par la sienne si elle était en effet moins chargé de réalité que je n’avais cru. » [Le Temps retrouvé ]

2)seconde étape :tentative de remédier à cette déception par une interprétation subjective-> tentative d’association. Ms déception supplémentaire car tout est permis ds l’exercice des associations-> interprétation superficielle et stéréotypée
3)troisième étape :c’est l’essence qui révèle le sens du signe, l’essence échappe à tte logique. Elle est surtout mis en évidence ac l’Art.
[-> le chap 4 explique le sens de cette essence… un peu de patience, les prochains chapitres seront dispo ap la dissert’ d’histoire. )

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Re: "Proust et les signes" chap 1

Message par Marie le Jeu 19 Mar - 21:08

Merci Glad tu gères

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Re: "Proust et les signes" chap 1

Message par Sarah le Dim 22 Mar - 2:33

tu es motivée ces derniers temps xD

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Re: "Proust et les signes" chap 1

Message par Mélanie le Dim 22 Mar - 15:21

merchii bcp glad Very Happy

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Chap 4

Message par Gwladys le Mer 25 Mar - 23:12

Chapitre 4
Les signes de l’Art et l’Essence

Les signes de l’Art sont immatériels contrairement aux autres signes qui sont matériels. Cela explique la supériorité des signes de l’Art.
Même les signes de l’amour restent matériels : les visages aimés, par exemple, sont encore des matières.
Quant aux signes sensibles, ils sont matériels car l’explication de ces signes à l’aide de la mémoire comporte encore qqch. de matériel.
Au contraire, l’Art qui révèle l’essence comporte bel et bien des signes immatériels.

Qu’apporte dc cette essence ? Quelque chose de différent, qu’on ne trouve pas dans la vie. C’est pkoi l’art, en tant qu’il manifeste les essences, est seul capable de nous donner ce que nous cherchions en vain dans la vie. Deleuze va plus loin en affirmant que l’Art permet également de donner ce que nous attendions d’un ami, d’un aimé. De plus, l’Art donne la possibilité de concevoir le monde ac un nouveau regard : celui de l’artiste. « Par l’Art seulement, nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n’est pas le même que le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu’il peut y avoir dans le Lune. Grâce à l’Art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu’il y a d’artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition » ( Le Temps retrouvé )

Mais le monde exprimé ne se confond pourtant pas ac le sujet : il s’en distingue, comme l’essence se distingue de l’existence. La philosophie définie l’essence comme la qualité dernière au cœur d’un sujet.
Toutefois, ce n’est pas le sujet qui explique l’essence, c’est plutôt l’essence qui s’implique, s’enveloppe, s’enroule ds le sujet. Dc importance de la distinction entre l’essence et le sujet d’où elle provient.

L’essence acquiert même une dimension divine. (L’essence d’un sujet demeure même ap la mort/ la fin de celui-ci.)

L’art est au-delà de la mémoire : c’est la pensée pure qui permet de distinguer l’essence.
Ce que l’art nous fait retrouver, c’est le temps tel qu’il s’est enroulé ds l’essence. C’est pkoi il n’y a que l’œuvre d’art qui nous fasse retrouver le Temps.

L’essence s’incarne ds les œuvre d’art à travers les matières : la couleur pr la peinture, le son pr le musicien, le mot pr l’écrivain. L’Art est une véritable transmutation de la matière. La matière y est spiritualisée, les milieux physiques y sont dématérialisés, pour réfracter l’essence, c'est-à-dire la qualité d’un monde originel. Et ce traitement de la matière ne fait qu’un ac le « style ».
Le vrai thème n’est donc pas le sujet traité, mais les thèmes inconscients où les mots, les couleurs, les sons prennent sens et vie.

L’essence ne se confond jamais ac un objet, mais au contraire rapproche deux objets tout à fait différents. C’est en cela que consiste le « style » : « On peut faire se succéder indéfiniment dans une description les objets qui figuraient dans le lieux décrit, la vérité ne commencera qu’au moment où l’écrivain prendra deux objets différents, posera leur rapport, analogue dans le monde de l’Art à celui qu’est le rapport unique de la loi causale dans le monde de la science, et les enfermera dans las anneaux nécessaires d’un beau style. » (Le Temps retrouvé)

Ce qui constitue la puissance de l’essence sont la différence et la répétition. La répétition n’est pas la marque d’un artiste vieillissant. Un artiste vieillit qd il juge plus simple de trouver directement dans la vie ce qu’il ne pouvait qu’exprimer dans son œuvre et ce qu’il devait distinguer et répéter par son œuvre. L’artiste vieillissant fait confiance à la vie , à la « beauté de la vie », mais il n’a plus que des substituts de ce qui constitue l’Art. La vie n’a pas les deux puissances de l’Art ; elle les reçoit seulement en les dégradant, et ne reproduit l’essence qu’au degré le plus faible.

Comme nous l’avons dit, la révélation de l’essence n’appartient qu’au domaine de l’art ; c’est pkoi l’art est la finalité du monde, et l’inconsciente destination de l’apprenti.
Nous nous trouvons alors devant deux sortes de questions : Que valent les autres signes, ceux qui constituent les domaines de la vie ? Pouvons nous dire qu’ils nous mettent déjà sur le chemin de l’Art et comment ?

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chap 5

Message par Gwladys le Jeu 26 Mar - 22:41

Chapitre 5
Rôle secondaire de la mémoire

Résumé :
La mémoire a un rôle secondaire car, à des moments privilégiés, elle nous donne l’interprétation de signes sensibles. Or, si les signes sensibles sont supérieurs aux signes mondains et aux signes de l’amour, ils demeurent inférieurs aux signes de l’Art. En effet ils ont perdu la parfaite identité du signe et de l’essence. Ils représentent l’effort de la vie pr se préparer à l’art, et à la révélation finale de l’art.

Dvpmt :

Les signes mondains et les signes amoureux, pr être interprétés, font appel à l’intelligence. C’est l’intelligence qui déchiffre : à condition de « venir après ». La mémoire veut tout emmagasiner pour que l’intelligence dispose des informations nécessaires à ses interprétations prochaines (ex de la jalousie ds les signes de l’amour). Mais elle vient trop tard, parce qu’elle n’a pas su distinguer sur le moment la phrase à retenir, le geste dont on ne savait pas encore qu’il prendrait un tel sens : « Plus tard, devant le mensonge parlant, ou pris d’un doute anxieux, j’aurais voulu me rappeler ; c’était en vain ; ma mémoire n’avait pas été prévenue à temps, elle avait cru inutile de garder copie. » (La prisonnière Proust)

A quel niveau intervient la fameuse mémoire involontaire ? On remarquera qu’elle n’intervient qu’à partir de signes très particuliers : les signes sensibles. Nous sentons un impératif qui nous force à en chercher le sens.
On constate en second lieu que cette mémoire involontaire ne possède pas le secret de tt les signes sensibles : certain renvoie au désir, et à des figures de l’imagination (ainsi les clochers de Martinville)

Proust distingue deux cas de signes sensibles : les réminiscences et les découvertes.

Les signes sensibles qui s’expliquent par la mémoire involontaire ont une double infériorité, non seulement par rapport aux signes de l’Art, mais même par rapport aux signes sensibles qui renvoient à l’imagination. D’une part, leur matière est plus opaque et leur explication reste trop matérielle. D’autre part ils ne surmontent qu’en apparence la contradiction de l’être et du néant.

Les signes sensibles qui s’expliquent par la mémoire nous mettent sur la voie de l’art. Jamais notre apprentissage ne trouverait son aboutissement dans l’art, s’il ne passait par ces signes qui nous donnent un avant-goût du temps retrouvé. Mais ils ne font rien d’autre que nous préparer. Ce sont encore des signes de la vie, non des signes de l’art lui-même. Ils st supérieur aux signes mondains et aux signes amoureux, mais inférieurs à ceux de l’art. Et même dans leur genre, ils sont inférieurs aux signes de l’imagination, qui st plus proches de l’Art (bien qu’appartenant tjs à la vie)

Les réminiscences semblent à Proust constitutives de l’œuvre d’art, non seulement dans la perspective de son projet personnel, mais chez de grands précurseurs, comme Chateaubriand, Nerval ou Baudelaire. Elles déterminent un rapport entre deux objets tout à fait différent, dc ce sont des métaphores, mais de mauvaises métaphores car réminiscences appartiennent à vie, non à Art.
Comment expliquer mécanisme complexe des réminiscences ? A première vue il s’agit d’un mécanisme associatif : d’une part ressemblance entre une sensation présente et une sensation passée ; d’autre part contiguïté de la sensation passée ac 1 ensemble que nous vivions alors ; et qui ressuscite sous l’effet de la sensation présente. Ainsi la saveur de la madeleine et semblable à celle que nous goûtions à Combray ; et elle ressuscite Combray où nous l’avons goûté pr la première fois.
Toutefois, la réminiscence va au-delà du mécanisme d’association. En effet elle pose des pb qui ne sont pas résolu par l’association des idées. D’une part, d’où vient la joie extraordinaire que nous éprouvons déjà dans la sensation présente ? Ensuite, comment expliquer qu’il n’y a pas simple ressemblance entre les 2 sensations présente et passée ? Au-delà d’une ressemblance, nous découvrons l’identité d’une même qualité dans l’une et l’autre des sensations. Enfin, comment expliquer que Combray surgisse, non pas tel qu’il fut vécut en contiguïté avec la sensation passée, mais dans une splendeur, avec une « vérité » qui n’eut jamais d’équivalent dans le réel ? (= recul de l’adulte qui se souvient par rapport à l’enfant qui ressent.)

Le passé de la mémoire volontaire est doublement relatif : relatif au présent qu’il a été, mais aussi relatif au présent par rapport auquel il est maintenant passé. Autant dire que cette mémoire ne saisit pas directement le passé, elle le recompose ac des présents.

Ressemblance entre les conceptions de Bergson et Proust par rapport à la mémoire. On ne remonte pas d’un actuel présent au passé, on ne recompose pas le passé ac des présents, on se place d’emblée dans le passé lui-même.

La mémoire involontaire semble reposer d’abord sur la ressemblance entre deux sensations, entre deux moments. Mais plus profondément la ressemblance nous renvoie à une stricte identité : identité d’une qualité commune aux deux sensations.

L’essence se réalise ou s’incarne dans le souvenir involontaire. Mais l’essence se réalise dans le souvenir involontaire à un degré plus bas que dans l’art, elle s’incarne dans une matière plus opaque. D’abord, l’essence n’apparaît plus comme la qualité ultime d’un point de vue singulier, telle qu’était l’essence artiste, individuelle et individualisante.
Une seconde différence apparaît du point de vue du temps. L’essence artiste nous révèle un tps originel qui surmonte ses séries et ses dimensions. Aussi quand nous parlons d’un temps retrouvé ds l’œuvre d’art, il s’agit de ce temps primordial qui s’oppose au tps successif qui passe, au temps qui se perd en général.
L’essence qui s’incarne dans le souvenir involontaire ne nous livre plus ce temps originel. Elle nous fait retrouver le temps, mais d’une autre façon. Ce qu’elle nous fait retrouver, c’est le tps perdu lui-même.
En dernier lieu, la réalisation de l’essence dans le souvenir involontaire ne se sépare pas de déterminations qui restent extérieurs et contingentes.

Nous devons dc insister sur 2 points : une essence s’incarne ds le souvenir involontaire, mais elle y trouve des matière bcp moins spiritualisés, des milieux moins dématérialisés que ds l’art. Et contrairement à ce qui se passe ds l’art, la sélection et le choix de cette essence dépendent alors de données extérieurs à l’essence elle-même, renvoient en dernière instance à des états vécus, à des mécanismes d’associations qui restent subjectifs et contingents. (D’autres contiguïtés auraient induit ou sélectionne d’autres essences.) C’est pkoi les signes de la mémoire nous tendent constamment le piège d’une interprétation subjective. C’est pkoi enfin les réminiscences st des métaphores inférieures : au lieu de réunir 2 objets différents dont la sélection et le rapport sont entièrement déterminés par une essence qui s’incarne dans un milieu transparent. La mémoire réunit deux objets qui tiennent encore à une matière opaque et dont le rapport dépend d’une association.

La mémoire involontaire constitue une étape dans l’apprentissage de l’art. Si, poussés par les étapes successives de l’apprentissage, nous n’arrivions pas à la révélation finale de l’art, nous resterions incapables de comprendre l’essence, et même de comprendre qu’elle était déjà là dans le souvenir involontaire ou dans la joie du signe sensible. (toujours nous serions réduits à ajourner l’examen des causes.)

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Re: "Proust et les signes" chap 1

Message par Lilas le Ven 27 Mar - 1:07

Mais t'as bouffé du tigre ou quoi cocotte?! Shocked

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Re: "Proust et les signes" chap 1

Message par Ludo le Ven 17 Avr - 0:27

Avoue que c'est parceque je te force a travailler :p

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Re: "Proust et les signes" chap 1

Message par Gwladys le Ven 17 Avr - 21:09

Tout à fait maître Clérima! XD

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Re: "Proust et les signes" chap 1

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