Petite biblio Kurosawa

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Petite biblio Kurosawa

Message par Ludo le Ven 28 Nov - 23:45

Bon alors maintenant qu'on en a finit avec l'histoire passons à ce cher Kurosawa et vue que M. Zill a été super précis dans les livres à lire sur se gentil KuKu -_-... Voici une petite biblio sélective que j'ai trouvé et qui j'éspère aidera tout le monde voilà :p


https://i70.servimg.com/u/f70/13/30/84/45/kurosa10.jpg

PS: ok c'est pas droit mais j'ai jamais prétendu être un pro du scan -_- :afro:Mais bon un petit copier coller arrangera le tout bref Bonne nuit les petits :p

Ludo

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Hughito le Sam 29 Nov - 0:19

Si peu de livres que ça???? Mince...

En tout cas merci Ludo, c'est cool ^^

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Lilas le Sam 29 Nov - 12:23

Merci Lulu, tu es un ange! ^^

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Charline le Sam 29 Nov - 16:09

Ba justement, la biblio est tiré d'un livre que je suie en train de lire (qui est très bien soi dit en passant! lol) alors dès que j'ai fini je mets mes notes sur le forum. J'ai aussi fiché quelques trucs tirés de cette biblio j'essayerai de tout mettre demain...

Charline

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Charline le Sam 29 Nov - 23:56

Chose promise, chose due... Voici ce que j'ai fiché sur Kurosawa (attention, l'abus de kurosawa est dangereux pour la santé! lol):
- Kurosawa par Tesson
- Notes de Kurosawa sur ses films
- Kurosawa par Bazin
- Kurosawa par les Cahiers du cinéma (non exaustif: il en reste PLEIN d'autres pour les fans! lol)

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Akira Kurosawa par Charles Tesson

« Si l’on est seulement préoccupé par des questions de forme sans avoir rien à dire, alors même cette forme n’aboutira à rien. […] Les techniques n’enrichissent pas le metteur en scène, elles le limite. La technique seule sans rien pour en soutenir le poids, écrase toujours l’idée fondamentale qui devait prévaloir. » (Kurosawa)

PROLOGUE :
« Je suis d’un caractère vif et emporté » = contradiction entre élan d’affectueuses tendresses et crises violentes d’humanistes révolté dt son cinéma fera l’écho.
Cinéma d’action : « La légende du gd judo », « Sanjuro »
Fresques historiques : « Les bas fonds » et « Dades’kaden » (hugo: ERREUR non?? Ce en sont pas des fresques historiques).
Films noirs : « chien enragé », « Les salauds dorment en paix », « Entre le ciel et l’enfer »
Drames contemporains intimistes : « Les bas fonds » et « Dades’kaden »
Littératures occidentales : Shakespeare (« le château de l’araignée »), Gorki (« les bas fonds »), Dostoïevski
« Bien que les êtres humains soient incapable de parler d’eux même avec une totale honnêteté, il leur est beaucoup plus difficile de se dérober à la vérité quand ils jouent à être un autre. Ils en disent alors beaucoup plus sur eux même, d’une façon très directe. »
Conception de vie pour un japonais issu d’une éducation féodale : « l’affirmation de soi comme immorale » -> au service de son seigneur + « le sacrifice personnel comme une façon raisonnable de conduire sa vie » # conception de Kurosawa : faire de l’individu une valeur positive (//liberté).
Son réalisme visionnaire est le constat amer de ce conflit entre abnégation (des samouraïs au servissent de paysans ds « les 7 samouraïs ») et affirmation de soi jusqu’à l’excès (le mensonge ds « Rashomon », le cynisme calculateur ds « Yojimbo ») => richesse de son œuvre = les contradictions du japon moderne.

LES APPRENTISSAGES DU HEROS : de « La légende du gd judo » à « Scandale »…

Naissance le 23 mars 1910 à Tokyo.
Esprit typique de l’ère meiji : préserver les traditions du japon tt en s’ouvrant au monde moderne venu du monde occidental = compromis entre « mon père, le sentimental, ma mère, la réaliste ».
Souci du cinéaste = synthèse entre un réalisme expressionniste et un réalisme visionnaire (sa part d’imaginaire).
Vie un temps chez son frère où il découvre une forme de violence au quotidien dt ses films d’après guerre en feront l’écho. « Et si mon frère ne s’était pas suicidé, serais-je entré dans le monde du cinéma comme ce fut le cas ? ».
Yamamoto lui confit le poste de réalisateur de seconde équipe du film « Chevaux » (1941), puis écrit des scénarios rejeté par la censure de 1939 qui censure la culture anglo-saxonne, ce qui va à l’encontre de l’ère meiji.
Découvre le livre « Sugata sanshiro » de Tsuneo Tomita qu’il adapte : « La légende du gd judo » est pr un 1er film un coup de maitre. La scène finale ds les hautes herbes est devenue une scène culte par son utilisation du paysage et de la nature -> sert de référence à de nbx films de sabre. L’environnement majestueux des hautes herbes et du vent est en total contraste ac les scènes de combats à l’intérieur. La scène est tournée en extérieur (en une seule journée > conditions météorologiques). Brutalité lapidaire : nombreuses ruptures entre le proche et le lointain qui trouve son unité par un environnement qui amplifie l’action des hommes : le souffle du vent qui balaye les nuages et couches les herbes exprime la force et la tension du combat. Le combat devient alors l’affrontement de 2 esprits où la nature est le réceptacle de leur corps à corps. Point culminant : l’insert sur le visage crispé de Sanshiro étranglé par son adversaire dt la tension intérieure est exprimé par l’herbe qui bouge et le vent qui siffle. Puis incrustation d’une image-souvenir (le lotus) pr faire basculer l’issu du combat qui devient un poncif du genre. La surimpression associant les nuages et la fleur de lotus symbolise le double état du personnage : entre force active et sérénité intérieure. La nature, plus qu’un décor grandiose exprime la rencontre de ces deux mondes, l’accomplissement du héros se situant à leur intersection. Audace d’éclairage et de rythme lors de la première scène de combat près de l’étang : on ne distingue qu’à peine l’action et on subit la dilatation de l’attente et la fulgurance de la chute. Le cinéaste expérimente sur le plan sonore (le son du vent) et visuel (discontinuité, contretemps, rythme syncopé ds les combats, combattant sortent du champ sans que la caméra ne les suivent, points de vue inédits : plongé sur un combattant expédié au tapis).
Puis réalise en 1944 « Le plus beau », film de propagande nationale sur des ouvrières volontaires -> réalisme documentaire : les actrices professionnelles laissent croire que ce sont de vraies ouvrières.
On lui commende la suite de son premier film, « La nouvelle légende du grand judo », où l’affrontement final dans la neige fait encore une fois de la nature l’acteur essentiel.
« Les hommes qui marches sur la queue du tigre » (1945) est tiré vers le grotesque par Kurosawa où le moment où le convoi part sans son guide qui le suit de loin pr tenter de recoller au groupe sera reprit dans « Les 7 samouraïs ».
A l’arrivée des américains en 1945, ceux-ci contrôle le cinéma l’incitant à prôner les valeurs de la démocratie et à décrire la réalité sociale d’après guerre, où Kurosawa excelle. « Je ne regrette rien de ma jeunesse » (1946) retrace la résistance de la jeunesse intellectuelle de 33 à 46 à travers l’histoire d’un professeur d’université congédié car réfractaire et de sa fille amoureuse d’une antifasciste et antimilitariste qui mourra sous la torture (personnages inspiré de personnes réelles) => glorifie les (rare) héros de la résistance.
« Un merveilleux dimanche » (1947) est tourné comme un documentaire, en caméra caché dans les rue de Tokyo relatant la romance d’un couple miné par la défaite et la ruine du Japon.
Dans « L’ange ivre » (1948), le réalisme des bas fonds est transfiguré par l’apport du film noir (cinéma américain), croisé ac des éléments expressionnistes (jeu des comédiens, lumières aux ombres dures, composition plastique). Kurosawa est d’une gde inventivité pr la mise en scène, refusant la facilité du champ-contrechamp. L a puissance des jeux des deux comédiens s’illustre dans la scène de combat au couteau entre le yakuza malade et son rival (corps rampant ds le couloir, enduits de peinture, …).
Fidèles collaborateurs :
- Takashi Matsuyama, qui signe les décors de « Chien enragé », « Rashômon », « l’Idiot », « Vivre », « Les 7 samouraïs », où le cloaque, métaphore du japon gangréné par le marché noir et la misère, sert de leitmotiv -< figure de l’eau stagnante de « la légende du gd judo » à « Rêve ».
- Fumio Hayasaka, musicien
- Tosiro Mifune, comédien sur 16 des films de Kurosawa, où ses rôle de sabre lui ont valu sa renommé, plus que ces rôle de personnages contemporains : « les 7 samouraïs », « Yojimbo », « Sanjuro », mais révélé dans « L’ange ivre ». Ds « Barberousse », il alterne puissance physique bourru et puissance attractive cérébrale, qui fait l’un de ses meilleurs rôles.
- Shinobu Hashimoto, scénariste qui inspira « Rashômon », « Vivre », « Les 7 samouraïs », « Le château de l’araignée », « Dodes’kaden » et « Kagemusha ».
Kurosawa aime les métiers altruistes : médecin (« Duel silencieux », « Barberousse »), avocat (« Scandale »), jeune policier (« Chien enragé ») ou professeur (« Madadayo »).
« Chien enragée » reprend le contexte de « Ange ivre » mais au lieu d’avoir des scènes autonome le montage est plus linéaire (fondus enchainé) > quête du policier (Tosiro Mifune). Admirateur des romans de Simenon, Kurosawa avait écrit l’histoire sous forme de roman puis en scénario. Deux niveaux de lecture à la trame narrative (la quête, le labyrinthe, le jeux de piste, l’immersion ds un quartier clos, l’affrontement final) : métaphoriquement, le héros est hanté par son double invisible qui lui a volé son arme et qui l’utilise à des fins maléfiques, qui complète le niveau réaliste qui est la descente aux enfers (truands, cabarets, filles perdues,…) => ultime transe avant la mort.
Récurrence des tandems (// Kurosawa et son maitre Yamamoto) :
- « La légende du grand judo » : Sanshino formé au judo par son maitre
- « Barberousse » : les deux médecins
- « Chien enragé » : Mifune, policier idéaliste et novice aidé par un policier expérimenté
- « Les 7 samouraïs » : le novice Katsushiro, raffiné et élégant, séduisant les femmes et le chef de la troupe Kikuchiyo, samouraï idéal et vertueux (-> opposition de caractère)
Récurrence du thème de la responsabilité : personne n’est jamais vraiment mauvais mais la situation (d’après guerre) pousse les gens à le devenir toutefois le point de vue est contrebalancée par une lucidité, une vision plus large du monde. Ds « Chien enragé », le policier novice, encore traumatisé par la guerre pense que personne ne nait mauvais ms le devient alors que son mentor ne cherche jamais à excuser les criminels. Mais à la fin du film, lorsque son collègue est blessé, le policier, obnubilé par le criminel qu’ils viennent d’arrêter, regarde par la fenêtre pour avoir une vision plus large -> lucidité qui modifie sa perception du monde (// celle de Kurosawa) : réalisme inquiet qui partage la responsabilité entre la société et l’individu. « Chien enragé » combine au mieux fable moral, néoréalisme et film noir (scène de l’hôtel avec la cabine téléphonique) voire série B (scène du truand dans le couloir du stade) + réalité documentaire d’une ville en ruine (longue scène du match de baseball).
Dans « Scandale », on trouve des héros engagé dans une vie à laquelle ils ont des comptes à rendre (atteint également sa plénitude dans « Vivre »). Film contre l’abus de la liberté d’expression et fable morale sur la honte de soi, le thème du regard y est central : assumer ce que le regard de l’autre attend de vous pr se réconcilier ac soi même -> l’étang sale où se reflète les étoile à la surface de l’eau est le condensé de la métamorphose du personnage.

SOUS LES YEUX DE L’OCCIDENT : de « Rashômon » aux « Bas fonds »…

« Rashômon » (1950) démontre la maitrise technique de Kurosawa : Mouvement de caméra, jeux d’ombre et de lumière sur les corps et les visages à travers les feuillages, blancheur translucide de la femme sous son voile qui la masque, vertige devant la construction narrative > retours en arrière et voix off qui mentent ou détourne la réalité (= novateur). Point de vu de Kurosawa passe par le bonze : « la faiblesse des hommes les force à mentir » -> s’il on ne peut plus croire personne, le monde est un enfer. Met le point de vu du spectateur dans la bouche du passant : « Le mensonge, ca m’est égal, du moment que l’histoire est passionnante ». Histoire mêle violence criminelle et violence sexuelle -> relation ho/fe : misogynie, machisme viril, duel pr conquérir la femme, tantôt victime, tantôt manipulatrice, instigatrice des tensions entre les hommes. Nul rédemption possible : le mensonge est leur porte de sortie commune (témoignage au tribunal abstrait et sobre : on voit juste ceux qui témoignent) au delà de l’alternative violente : éliminer le rival ou se supprimer pour effacer la honte. Les personnages sont les jouets de la nature : coup de foudre provoqué par un souffle de brise qui caresse le visage du bandit car le réveille et soulève le voile de la femme dévoilant ainsi son visage. Contraste extrême entre le soleil ds la forêt et la pluie diluvienne sous la porte tt comme l’érotisme délicat de la main féminine effleurant l’eau et la brutalité sexuelle.
L’adaptation du roman de Dostoïevski, « L’Idiot » (1951) permet à Kurosawa te transposer l’histoire dans la réalité de l’après guerre au Japon proche de la réalité russe. Reprise du motif du triangle amoureux déjà présent ds « Rashômon »: deux hommes rivaux pr une femme fatale. Le film s’ouvre sur le cauchemar de Kameda dû a un traumatisme réel : condamné à mort, son exécution a été suspendu alors qu’il ‘était préparé à sa mort -> perd la tête -> erre ds le monde des vivant = certaine clairvoyance. Puis se rappelle la mort d’un jeune soldat fusillé qu’il n’a pas eu le courage de regardé lors de sa mort // suicide de son frère ainé.
« Vivre » (1952), prolongement de « L’Idiot », met en scène Watanabe, souffrant d’un cancer et soucieux de donner un sens à sa vie. Sa maladie s’extériorise et il se met en action et élabore un parc pour enfant.
« Vivre dans la peur » (1955) relate pr la première fois l’histoire d’une bourgeois industriel (# classes moyennes et marginaux) -> prophète de l’apocalypse (« les lâches ferment les yeux) qui tend vers la mégalomanie (sauveur de l’humanité) et l’autoritarisme (impose sa vision à sa famille et ne se préoccupe pas de ses ouvriers) -> folie qui le conduit en hôpital psychiatrique.
« Les 7 samouraïs » (1954) raconte comment d’anciens guerrier se mettent aux servissent de personnes d’un rang social inférieur (= novateur) -> constitution d’un groupe qui ne peut tolérer les actions héroïques individuelles : « celui qui est égoïste se détruira lui-même, on se protège en protégeant les autres ». Le champ aux fleurs sert de cadre à l’idylle amoureuse de Katsushiro tt aussi fasciné par le sabreur solitaire et taciturne (teinté d’homosexualité). Tournage à plusieurs caméras (X 3) pr que l’acteur ne prennent pas conscience de la caméra pr capter au mieux le mouvement et non la conscience du mouvement.
Présence de la pluie dans : « Chien enragé », « Rashômon », « Les 7 samouraïs ».
Adapte Macbeth de Shakespeare en 1957 dans « Le château de l’araignée », dans un contexte japonais. Importance de la nature : tournage sur le flanc d’une montagne, en altitude, Kurosawa voulant du brouillard (tombera amoureux et y reviendra pr d’autres films). Le maquillage de Macbeth et lady Macbeth renvoie aux masques des personnages du théâtre nô, cher à Kurosawa, mais il reste un cinéaste de l’action, d’où les scènes d’extérieures : cavalcade dans le labyrinthe de la forêt, le cheval fou, l’assaut final sous les flèches => rythme cassé par l’alternance de morceaux lents et de morceaux rapides. Le personnage de Lady Macbeth rappelle la femme instigatrice et manipulatrice de « Rashômon ». La destruction finale du château devient la métaphore d’un Japon conquérant qui se croit à tord invincible (contre Chine et USA).
« Les bas fonds » (1957) est une adaptation du roman de Gorki, révélant un monde déjà englouti -> décor unique où se déroule l’action sans aucune échappé sur la ville -> la fosse, prise au début pr un dépôt d’ordure, rassemble une galerie de personnages au passé plus ou moins inventé =>la nécessité du rêve et son inutilité se résume dans ce dialogue : « - Rêver ne sert à rien, il faut regarder les choses en face, tu iras en enfer. » « -J’y suis déjà ! ».

Charline

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Charline le Sam 29 Nov - 23:57

AU BOUT DE L’AVENTURE HUMAINE : de « La forteresse cachée » à « Barberousse »…

« L’aventure est un motif essentiel au cinéma » disait Kurosawa, et son film d’aventure « La forteresse caché » (1958) en est l’illustration. La princesse Yuki est une héroïne contestataire, presque gauchiste, portrait d’une femme moderne, annonciatrice des mutations des années soixante : elle critique les valeurs du bushido qu’elle trouve rétrograde en reprochant violemment à Rokurata d’avoir sacrifié sa jeune sœur.
« Yojimbo » (1961) montre à l’échelle d’un village la fin de la période féodale et des samouraïs ds une société ou les commerçants ont de plus en plus de pouvoir. Le héros, Sanjuro, privilégie alors la négociation à l’action et devient ainsi le premier héros de film de sabre cynique et opportuniste (= révolution dans l’histoire du genre). Il est l’instigateur d’un affrontement au sein du village et juché en haut de son perchoir il en devient le spectateur à l’échelle collective et individuelle (entre les notables du village). Le personnage ajoute dc du spectacle au spectacle : duel face à face proche du western (un personnage possède même un Colt). Le personnage fait preuve d’individualisme assuré mais pas seulement : c’est aussi un altruiste modéré et sélectif (sauve une femme pour la rendre à son maris, revient au village aider l’aubergiste…) ce qui fait sa singularité.
Les films de sabre de Kurosawa ouvrent au monde des arts martiaux et interroge sur le sens de l’héroïsme (individualisme ou altruisme ?) :
- « La légende du grand judo » : pas réellement un film de sabre (combat à main nu) mais place la relation maître-élève au cœur du récit : apprentissage combiné d’une technique et de la maitrise de soi (//souvenir de la fleur de lotus vient en aide à Sanshiro) -> inspire les films d’art martiaux de Hong-Kong.
- « Les sept samouraïs » : Kurosawa ouvre de nouvelles perspectives sur le plan de l’aventure et de l’éthique au personnage du samouraï errant (le rônin) (# glorification des figures historiques)
- « Le Château de l’araignée » : Kurosawa évoque la récente dérive militaro-nationaliste de son pays (guerres contre la Chine et les USA) par un héros qui se croit invincible (« tant que la forêt ne bougera pas… »), à la fin les guerriers refuse d’obéir à leur seigneur qu’ils criblent de flèches (acte de mutinerie qui reste de l’ordre de l’utopie) = thème de désobéissance et de rébellion est nvo, prémisse d’une critique radicale du pouvoir politique par la Nouvelle vague japonaise.
- « Yojimbo » : emblème d’un monde désenchanté gouverné par le cynisme et l’opportunisme : Sanjuro est un samouraï rusé et manipulateur qui tire profit de la richesse et de la bêtise des autres (-> a influencé les westerns américains des années 60)
- « Sanjuro » : tournant ds la représentation de la violence ac le geyser de sang du combat final : l’esthétique du manga fait son apparition ds le film de sabre.
- « Barberousse » : adieu aux arts martiaux : combat de Barberousse en pratiquant un jiu-jitsu brutal et violent (casse un bras, tord un pied…) = souvenir d’un Sanshiro impulsif parmi par un dédoublement de personnalité de Barberousse (le bourreau et le soignant) qui est une belle sortie pr Mifune.
« Sanjuro » (1962) transforme le personnage que l’on avait découvert ds « Yojimbo » en un samouraï qui sait anticiper et décrypter les ruses du pouvoir corrompu (en plus de ses talents de sabreur). Il s’allie alors 9 jeunes samouraïs naïfs et devient leur chef. Sanjuro, faussement endormi ds un coin du plan, démonte leur histoire pièce par pièce et dit comment écrire la scène suivante par analyse de situation, comme une sorte de jeux de stratégie en direct. L’intérêt du film porte dc su un permanant travail de réécriture.
Analyse de la scène finale de « Sanjiro » : scène devenu culte pr son geyser de sang (une première au cinéma), les deux combattant sont immobiles, chacun essayant de deviner les intentions de l’autre sans laisser percevoir les sienne, puis Sanjuro, au premier assaut pourfend son adversaire. Sanjuro a accompli à contre cœur son devoir de samouraï, ayant une impression de gâchis : « Il était comme moi, une sabre nu, sans fourreau. Les meilleurs sabres restent ds leur fourreau. Compris ? Sachez rester ds vos fourreau ! » (il pleure même son adversaire perdu. Toute la chorégraphie de la scène finale oppose l’individu et le groupe : peloton de fan hystérique et maître phobique et solitaire qui veut transmettre ses idées sans altération corporelles à la clef.
« Les salauds dorment en paix » (1960) reprend le thème de la ruine morale du Japon moderne déjà évoqué ds « Scandale », mais ici Kurosawa s’attaque aux monde des affaires (pots-de-vin, intérêts illégaux…). Les valeurs du bushido sont transposé au cadres et patrons mais scandaleusement dévoyé : les employer doivent se suicider afin de protéger les dirigeants corrompus. La vengeance du héros dont le père s’est suicidé pr ces raison prend un tour terrifiant -> film le plus pessimiste des films de Kurosawa ac à la fin ce dirigeant victorieux qui se métamorphose le temps d’un appel en victime des intérêts d’un supérieur imaginaire. Inspiré d’un roman, « Entre le ciel et l’enfer ».
« Barberousse » (1965) reprend le schéma de « La légende du grand judo » en inversant les rôles : jeune judoka fougueux # jeune médecin discipliné + sage et vertueux maître Yano # chirurgien aux méthodes peu orthodoxe (Barberousse soigne une jeune femme éventré encore consciente). C’est une histoire de transmission où un jeune bourgeois se met finalement au service du peuple (fait bifurquer un destin tt tracé) = alliance entre deux génération qui rappelle « Chien enragé ». « Ne détourne pas les yeux, regarde bien comment on recoud » dit Barberousse pendant qu’il soigne la femme éventré est une injonction à supporter le regard insoutenable (// tremblement de terre : « Si tu regard en face il n’y a plus rien qui puisse te faire peur » disait le frère de Kurosawa). Lorsque la jeune Otoyo, soignée par le jeune médecin, le soigne à son tour (victime d’épuisement), la spirale s’inverse -> lucidité porteuse d’espoir. Dernier film en noir et blanc -> fin d’une époque : nvo mode de production et rupture définitive ac Mifune.

L’ART ET LE CHAOS : de « Dodes’kaden » à « Madadayo »…

Sans Mifune, l’œuvre de Kurosawa change de visage : passe d’une énergie fédératrice de mouvement et du rythme à des peinture d’un monde privé d’énergie ms non dénué de ressource ou d’un monde dt l’énergie globale devient une force destructrice => l’action se transforme en tableau, préexistante ds son œuvre ms accentué par la couleur (=réalisme).
« Dodes’kaden » (1970), version apaisée des « Bas fonds », où l’espace y est fermé (enclavement des bidonvilles à proximité d’une décharge publique et ouvert (image de la jeune fille rencontrant le livreur de saké près du muret). Le film s’ouvre sur des dessins d’enfant plaçant le film sous le signe de la couleur et de la lumière (film s’achève que le retour du jeune homme, de nuit, qui éclaire différemment de sa lampe torche les dessins -> rompt la dualité de l’ombre et la lumière pr proposer un monde coloré.
Dersou Ouzala (1975) permet une collaboration russo-japonaise qui s’inspire de la vie d’un explorateur russe, militaire, ethnologue, géographe et écrivain, dt elle va s’inspirer de son roman, sur son amitié (thème récurent chez Kurosawa) ac Derzou Ouzala qui a été son guide lors d’une expédition : « nous étions amis ». Le nom de Dersou prononcé par le russe ouvre et clôture le film, dt le récit est construit sur un retour en arrière, avec la voix off du narrateur. L’explorateur russe dessine les paysages de glace comme un tableau. Ce qui oppose les deux amis c’est la raison du russe et les croyance (en la réincarnation, en l’esprit de la foret…) de Dersou. Pourtant aucune conversion d’un des ami à la voix de l’autre (# Barberousse).
Kurosawa et les Cahiers du cinéma :
Ds « Tous les garçons s’appellent Patrick » (1957) de Godard (scénar de Rohmer), le dragueur cinéphile accoste une Japonaise ac cette réplique : « Mizoguchi-Kurosawa » = clin d’œil humoristique à la célèbre querelle entre les Cahiers et Positif. Pr les Cahier, le cinéma de Kurosawa est « un véritable désastre » (Luc Moullet). Bazin prendra tt de même la défense de « Vivre ».
« Kagemusha » (1980) est le second volet d’un triptyque sur les guerres du 16e s., commencé par « Le château de l’araignée » et clôt avec « Ran ». Histoire d’héritage catastrophique qui maintient le clan tandis que la transmission vraie, celle du fils succédant à son père, le conduit à sa perte. Vision sur la guerre mêlant la vison de John Ford et de Sergueï Eisenstein, la couleur en plus, ds les cène de nuit où la masse noir d’un monticule se détache sur une toile de fond rouge feu et rouge sang. Kurosawa ne croit pas à la transmission par les liens du sang mais à la transmission par l’amitié, convergence professionnelle ou l’art : Nobukado (le frère sosie du seigneur mort) conseil l’apprenti comédien (l’Ombre = Kagemusha), le dirige ds son rôle tt en lui servant de modèle en raison de sa ressemblance avec le disparut.
Filiation : Akira Kurosawa et Cint Eastwood
Remake de « Yojimbo » avec « Pour une poignée de dollars » (1964) de Sergio Leone, interprété par Clit Estwood est un gros succès -> soucieux de prolongé l’âge classique du cinéma américain (le héros et ses valeurs) ac Hawks et Ford, que l’on retrouve chez Kurosawa. Ce dernier est alors admiré par Spielberg, Coppola, Scorsese, Lucas ainsi que Clint Eastwood qui, en tant que réalisateur se nourrira de ses œuvres. Ds « Mystic river » : bifurcation du bien et du mal, poids du destin, … -> prolongement des interrogations de Kurosawa sur le sens de l’action et la signification de l’héroïsme : « Impitoyable » // « Les sept samouraïs » : mercenariat (être payé pr une mission) et conviction à servir la cause d’une prostitué victime d’une injustice ; « Space Cowboy » // « Sanjuro » : filiation masculine par l’expérience professionnelle. => Point commun : concilier héroïsme et humanisme.
« Ran » (1985), en japonais « chaos », après 7 ans de mûrissement s’inspire du « Roi Lear » de Shakespeare et des guerres du 16e (également tourné au pied du mont Fuji). Conflits de succession qui touche même les femmes : l’une trouve l’apaisement ds le bouddhisme, l’autre ne vit que pr se venger -> sa manière de prendre le pouvoir sur les guerriers pr mieux les diviser rappelle les rôles de Lady Macbeth ds « Le château de l’araignée », et de la folle, dite, la mante religieuse, qui séduit les hommes avant de les tuer dans « Barberousse ». La tension dramatique lors du conseil de famille est montré par des inserts de nuage de plus en plus menaçant et orageux + présence du soleil : sur le blason du clan, soleil qui orne le casque de Taro, le coup de soleil provoquant une insolation à Hidetora > le japon est le descendant de la déesse du soleil dt sa part d’ombre, de chaos, confirme sa vraie nature -> le rouge, le noire et le jaune de feu compose la symphonie de « Ran ».
« Rêve » (1990) affirme que l’homme existe par ce qu’il fait et par l’esprit (pensées, imagination, rêve) -> un cauchemar peut être le rappel d’un drame douloureux mal cicatrisé (héros de « L’idiot » hanté par une exécution) dc le cauchemar est un moment de lucidité extrême qui met hors de lui le sujet => impose une vision insoutenable. Le film est composé d’une suite de rêves qui deviennent un moment de la vie des personnages -> histoire du japon (morts de la seconde guerre Mondiale, éruption volcanique = imminence du chaos au Japon) et histoire de la pensée japonaise : les roux du moulin évoques les roux du temps, l’écoulement linéaire en forme de cycle, celui de l’existence, des saisons,…
Poétique de la couleur :
Kurosawa a retardé le passage à la couleur (possible dès 48 ), malgré des tentatives infructueuses dans « Sanjuro » (« J’ai essayé de faire en couleur la scène des camélias rouges et blancs. J’ai finit par y renoncé, n’ayant pas obtenu l’effet voulu. »). Noir et blanc des films de Kurosawa -> contrastes durs, orchestration de la tension par la lumière… Dans « Dodes’kaden », la couleur apporte de la multiplicité et de l’apaisement : « les couleurs japonaises sont des couleurs tristes ». Usage expressionniste du noir et blanc chez Kurosawa permet une peinture naturaliste du monde ici-bas, alors que la couleur lui permet d’accéder à un univers imagé, imaginaire. La couleur est une échappé alors que le noir et blanc ramène aux bas fonds de la réalité. Kurosawa donne une nouvelle dimension au noir : combat nocturne dans « Kagemusha », épisode du tunnel dans « Rêve » -> l’existence y trouve sa part d’ombre. Ce contraste entre le ton doré donné par le soleil et la part d’obscurité, Kurosawa la rencontrera chez Von Gogh, à travers les tableaux qu’il met en scène dans « Rêve » : vision en marche (du spectateur du tableau au promeneur dans la toile) lors de l’épisode des corbeaux.
« Rapsodie en août » (1991) insiste sur la complicité entre une grand-mère veuve à cause de la bombe atomique et ses petits enfants (Richard Gere) et dénigre la génération intermédiaire, celle des parents. Deux points de folie rendent la transmission opaque : la folie du frère de la vieille dame (peint l’œil de la bombe qui l’a regardé) et la folie de la grand-mère révélé à la fin par l’orage qui la propulse dans un autre temps, celui de l’explosion qu’elle revit -> la vieille femme est happé par la tempête, tous ses enfants essayent de la rattrapé mais aucun plan ne parvient à les rassembler tous (= finesse du montage) car à cause d’un traumatisme bien réel elle vit dans un monde où personne ne pourra la rejoindre.
« Madadayo » (1993) est inspiré de la vie de l’écrivain Hyakken et de son autobiographie. Ici Kurosawa inverse la relation maître-élève : le professeur a plus besoin de la compagnie de ses élèves qu’eux de la sienne -> portrait de sage épicurien, doux anarchique à la folie lunaire, peu humaniste. « Rêve » commençait par deux rêves d’enfant et se terminaient par un vieillard à la sagesse (trop) exemplaire. « Madadayo » débute par un professeur disant adieu à ses élève et s’achève par un rêve d’enfance qui conduira le personnage au sommeil de la mort : couleurs irréelles du ciel.
Evolution de la relation maître-élève :
Maître sage et élève a dompté dans « La légende du grand judo » -> jeune homme sage converti à la folie de son maitre plus raisonnable que le monde raisonné dans « Barberousse » -> destruction de la relation avec « Kagemusha » et »Ran » -> la folie devient une nouvelle forme de transmission, prise de conscience chez autrui d’une réalité traumatisante dans « Vivre dans la peur » et « Rapsodie en aout » -> angoisse de la mort par le professeur (en japonais « madadayo » signifie « pas encore ! » adressé virilement à la mort par le professeur à chacun de ses cercles littéraires) qui se raccroche à la vitalité de ses élève dans « Madadayo ».
Mort de Kurosawa le 6 septembre 1998.
Le dernier projet de Kurosawa « Après la pluie », dont il a écrit le scénario à partir d’une nouvelle de Yamamoto est réalisé par Takashi Koizumi en 1999.

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Charline le Sam 29 Nov - 23:59

« Notes à propos de mes films » d’Akira Kurosawa

« La légende du gd judo » :
« On ne voyait que les films à tendance politique (à cause de la censure). J’ai voulu montrer des qualités intéressantes de l’art du cinéma. On dit que le caractère le plus japonais et simple, sans technique. Je me suis révolté contre ces tendances. »
« Le plus beau » :
« La matière donnera une impression militariste. Toutefois, j’ai voulu d’écrire d’après mon projet originale, une société de femme comme un documentaire de la vie plutôt que comme un drame, en éliminant de ttes ces actrices cette odeur professionnelle [… Je leur ai demandé d’aller vivre dans les dortoirs de Nippon Kogaku. »
« La nouvelle légende du grand judo » :
« Cela n’est pas intéressant de faire une deuxième version d’un sujet déjà traité » (attention porté sur Higaki et son frère, effaçant Sanshiro)
« Sur la queue du tigre » :
« Nous avons tourné les extérieurs dans une forêt impériale »
« J’ai rencontré tt de même beaucoup de difficultés pour faire un film convenable sans matériel » (faute d’argent).
« Je ne regrette pas ma jeunesse » :
« Toutes les femmes ont dans mes films un rôle un peu bizarre. Je croyais à cette époque que pour encourager la reconstruction du Japon, rien n’était plus important que de prendre conscience de soi-même. […] J’ai décrit une femme qui persiste dans cette voie. »
« C’était pour moi, la première fois que je pouvais exprimer mes propres idées dans un film. »
« Se soucier du style sans avoir rien à dire abimerait le style lui-même. Que meurent les gens qui ne s’intéresseraient qu’au style ! »
« Un merveilleux dimanche » :
« Inspiré d’un vieux film de Griffith « L’Amour et la pomme de terre ». »
« L’Ange ivre » :
« Enfin, avec ce film, j’ai fait « mon » œuvre. »
« Le héros était le docteur ivre. […] Etant humain, il devait avoir un défaut. J’ai donc songé à en faire un alcoolique. Si cette œuvre a donnée une impression de fraicheur c’est grâce à ce point. A cette époque ts les gens se contentaient de donner à un personnage bon ttes les vertus et à un mauvais ts les vices. »
« Chien enragé » :
« Cette œuvre fut tournée d’après une histoire vraie. »
« Scandale » :
« On discutait beaucoup à cette époque sur l’attitude des journalistes à l’égard de la vie privée des gens. J’ai choisi comme sujet ce problème. »
« La musique de Hayasaka, pour la scène où Hiruda apparait et dit : « Ma fille est morte », cette musique de trompète est très remarquable comme musique de cinéma. D’habitude on n’emploie pas de trompette pour des scènes tristes. »
« Rashômon » :
Un jour nous avons projeté un film d’exploration sur l’Afrique où dans une forêt, un lion fixait les yeux sur nous. J’ai dit à Mifune : « Ah, voilà, c’est ça, Tajomaru ».
« L’Idiot » :
« Mon écrivain préféré c’est Dostoïevski. […] Il reste au fond très objectif devant des faits où il semble avoir perdu tte objectivité. Voici un exemple : Mychkine dit à Nastassia : « Et pourtant vs êtes une femme si aimable ». Elle ricane. »
« Les sept samouraïs » :
« Ds le cinéma japonais, il y a peu de films divertissant qui soient vraiment alimentaires, au sens ils satisfont le public le plus gourmand. J’ai voulu satisfaire cet appétit. »
« La version originale durait plus de 3 heures. […] Les défauts sont nés des coupures que j’ai dû y faire. »
« Pour la bataille sous la pluie, l’incendie du moulin, là où l’on ne peut refaire le décor, j’ai adopté le système de prise de vue à plusieurs caméras. […] Pour les œuvres suivantes j’ai continué à appliquer cette méthode. »
« Vivre dans la peur « :
« Devant une pareil question dt je ne connais pas la réponse, je ne vois pas comment je pourrais critiquer sous forme de satire, tt en me plaçant à un niveau supérieur aux autres. Je l’ai écrit plutôt pour me réveiller, pr m’encourager à repenser à cette question. => « Faire une œuvre honnête ».
« La recette commerciale fut misérable. […] Je pense maintenant que le film a été présenté trop tôt. »
« Le château de l’araignée » :
« Avec « La forteresse cachée » et « Les bas fonds », ce film compose ma trilogie de film historiques. »
« J’ai adapté la forme du nô. […] Pour cela on a employé le moins possible de gros plans, tout est en plan d’ensemble (même pour les scènes pleines de passion). »
« J’ai voulu du brouillard. » = au mont- Fuji
« Contrairement aux châteaux habituel, je l’ai fait de forme plate […] pour donner une forme terrifiante afin que l’on présente un événement de mauvais augure. »
« Les bas fonds » :
« Les scènes où l’on s’amuse au son de la musique […] apportent une lueur dans la vie des personnages. »
« Deux décors : l’un, l’intérieur, l’autre, l’extérieure de la maison. »
« La forteresse cachée » :
« Pendant le tournage au Mont Fuji, nous avons attendu pendant 100 jours le beau temps. »
« Les salauds dorment en paix » :
« Le premier film des productions Kurosawa. J’ai voulu choisir un sujet valable et profitable à la société, au lieu de chercher seulement le succès commercial.»
« Yôjimbo » :
« Depuis longtemps, je songeais à faire un film qui donne une parfaite satisfaction de divertissement. Ici j’ai réalisé mon rêve. »
« Le charme le plus grand de ce film est le caractère du héros et ses actions ai en découlent (et non les séquences puissantes de l’assassinat). L’assassinat est ici un phénomène très naturel, parce que le héros a raison de tuer. »

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Akira Kurosawa par André Bazin

La leçon de style du cinéma japonais :
Le festival de Venise en 52 ouvre les portes d’un marché international ac « Rashomon ». Mais le cinéma japonais diffère à la fois d’Hollywood et du notre. Pays de forte culture et de vieille tradition, le Japon semble avoir assimilé le cinéma ac autan d’aisance que les techniques occidentales. Le cinéma est situé d’emblée et sans conflit au niveau de l’art japonais en général, d’où cette stupéfiante et unique leçon de style (Bémol : pourrait être un exotisme et un dépaysement qui abuseraient l’admiration de nos regards naïfs).
« Rashômon » :
Technique des films de Kurosawa proche de celle des cinéastes occidentaux par l’étonnante capacité japonaise à assimiler les technique de l’Ouest en concevant leur propre métaphysique, esthétique et psychologie. Le montage, la profondeur de champ, le cadrage, les mouvements d’appareils sont mis au service du récit avec une liberté et une maitrise équivalente, mais non identique…
Spécificité ds sa structure : le film ns présente 4 versions successives d’un évènement, dt l’une est celle du mort par l’intermédiaire dune sorcière. Or rien ne permet de supposer que le mort soit plus sincère que les autres. Propos moral : impossibilité de connaitre la vérité a travers la conscience humaine et de croire en la bonté de l’homme (dans chaque version, un personnage se révèle méchant). Le scénario est fondé sur une situation audacieuse : le viole d’une femme devant son mari. Evocation du nô évidente : style des acteurs dans le registre tragique tt en conservant un réalisme psychologique. L’acteur est à la fois tragique et naturel : s’intégrant dans le décor réel ds le quel il évolue. Effet hallucinant lorsque la sorcière s’exprime d’une voix d’homme fortement détimbrée ce qui constitue un expressionnisme sonore qui désintéressait alors l’Occident.
« Les 7 samouraïs » :
Western japonais digne de John Ford (où John Wayne serait interprété par Mifune). La simplicité générale est nourrie par la finesse des détails, leur réalisme historique et leur vérité humaine. Le film fait penser à la chevauché fantastique, La patrouille perdue mais une complexité plus romanesque, plus d’ampleur et de véracité ds la fresque. Kurosawa : « Une film d’action est un film d’action ; Mais quelle chose merveilleuse s’il peut prétendre peindre l’humanité ! ».
=> « Volonté extrêmement adroite d’occidentalisme » à travers ces 2 films.
« Vivre » :
Inspiré du cinéma américain et du néo-réalisme, de Ford, Lang, et Chaplin, Kurosawa crée ici un scénario contemporain. « Vivre » est un film spécifiquement japonais mais ac un message universel : nul besoin de traduction mental d’un mode de culture a un autre pr lire clairement tt a la fois l’inspiration particulière et la signification général (le compare à « M Le maudit » et à « Citizen Kane »). Kurosawa puise dans le vocabulaire cinématographique mondiale tt en se l’appropriant, rendant son film intraduisible car unique. = « progrès dialectique indiquant l’avenir du cinéma japonais ». Perspectives intellectuelles, morales et esthétiques qui brassent des valeurs incomparablement plus importante aussi bien ds le scénario que ds la forme. On y trouve l’inversion du thème de Faust : le docteur souhaite retrouver sa jeunesse pr vivre sa vie par le mal. Le héros de « Vivre » se sait condamner et recherche tt naïvement comment connaitre la vie qu’il a inconsciemment ignorée. Ce n’est pas que le bien le tente plus que le mal mais c’est le plus court chemin de lui-même à la vie. Et à travers ce sujet risqué, Kurosawa évite le piège de la sentimentalité, du mélodrame, du moralisme, de la thèse social… Audace ds le récit : nous écoutons parler pendant près d’une heure du mort les amis, parents et confrères aux obsèques. Les retours en arrière sur sa vie passée sont brefs et ne réduisent nullement la discussion des invités à un simple artifice de présentation. La matière du film est aussi bien au présent qu’au passé. Et la tension du film nait de la convergence qui se dessine progressivement entre la vérité secrète de la réalité évoquée et la conscience que les témoins en prennent peu a peu.
Rappel : Concurrence entre Kurosawa et Mizoguchi en France à travers Les Cahiers du cinéma préférant M. et positif préférant K.

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Akira Kurosawa par Les cahiers du cinéma :

Iizima :
Je tiens à mettre ici en relief comme qualité de l’œuvre de Kurosawa un style excellent capable d’évoquer, sous le masque du drame social, une « féérie » afin de symboliser une idéologie de l’esprit. « Rashômon » dépasse sa ligne de conduite (+ idée selon laquelle la vérité est différente pour chaque personne). Ainsi pas étonnant que Kurosawa se soit intéressé à Dostoïevski : une idéologie de l’esprit dévoilé jusqu’à une limite, et en qq sorte nationaliste + un rapprochement paradoxal au niveau de l’esthétique + une abondance de paroles. Il développe ainsi l’art habile de traité de sujet étranger et à les transposer entièrement dans son monde (Shakespeare, Gorki...) Kurosawa a le désir de traiter ses œuvres avec sa propre conscience sociale et artistique (d’où beaucoup de sujets d’actualité de notre société) = sensibilité aigüe à l’égard de son temps, volonté d’être au courant des questions contemporaines

Martin Scorsese :
Kurosawa s’est emparé de Shakespeare, Gorki, Dostoïevski, du western (« Les sept samouraïs », « Yojimbo », « La forteresse cachée », « Sanjuro »), et du film noir (« Entre le ciel et l’enfer », « Les salauds dorment en paix ») et ils les a si profondément repensés qu’il a crée de nvl formes aux propriétés et aux règles propres. Présence d’énergies dynamiques (faisant l’écart ac l’occident) telles que le brouillard noyant la forteresse du « Château de l’araignée », la pluie battante des « Sept samouraïs » ou ds les flux de batail de « Ran ». Expressivité du ralenti (« Rêves » et « Les sept samouraïs »). Révolution l’expressionnisme cinématographique : vitalité quasi surhumaine.

Umémoto :
Relation maitre/élève = c’était une manière de transmettre, une forme d’apprentissage. Pas de discours longs et ennuyeux, juste des faits et des gestes. Les films de Kurosawa ns montraient qu’il était possible d’apprendre en action.
Dans ses films internationaux une beauté sereine, apaisée et coloré envahi des images jusqu’alors dévalues aux contraste du noir et blanc et aux accès de folie de Mifune. Le cinéma de Kurosawa était sauvagerie : « Le chien enragé », « Yojimbo », « Sanjuro »… => auteur des plus beaux films d’action de notre histoire.

Tesson :
« Dans une vie, rien n’est plus sublime que les derniers instants. Regarde bien » (Barberousse au jeune médecin).
« Je crois que c’est son gout du mouvement, de l’action physique qui a valu à Kurosawa tant d’admiration à l’Ouest » (S. Ray) -> premier cinéaste japonais reconnu en Europe et à Hollywood ac « Rashomon ».
Mifune a tt de suite plu au cinéaste par sa vitesse de jeu. Découvert pr « L’ange ivre », rôle d’un truand minable, leur collaboration s’achèvera av la maturité des rôles que lui propose Kurosawa dans « Barberousse » : « Il n’y a aucun autre acteur qui sache composer un jeu aussi souple, vif et dynamique » -> son japonais débité en rafale.
« Je suis le genre d’individu qui travail violemment et me jette corps et âme ds ce que je fais. J’aime les été brûlant, les hivers glacés, les averses diluviennes et les grosses chutes de neiges, et je crois que l’on en trouve ds la plus part de mes films. Les extrêmes me plaisent car ils sont source de vie. »
Pour Kurosawa, exister c’est réparer la dette, l’effacer avant de s’effacer soi même. Ds « Les sept samouraïs », en pleine scène de bataille, on aperçoit un paysan prostré, cadré serré, lance à la main. Le rythme ralenti et un mouvement de caméra montre à l’extrémité de la lance un bandit empalé. L’un est mort et l’autre n’en revient tjrs pas de ce qu’il a fait : tuer, il devient alors acteur d’une action dont il n’aura jamais fini d’être spectateur. Entre attraction et répulsion : le mvt extrême (la bataille), et son arrêt (la mort) ; l’arrêt extrême (voir la mort en face) et la nécessité du mvt de la vie par lui relancé = drame de l’existence. => nécessité de voir l’insoutenable (// « Rhapsodie en aout » : bombe atomique montré non d’en haut, tels des images d’archives mais en point de vue de ceux qui en bas on vu l’explosion en face). Essence du cinéma pour Kurosawa est dc de montrer l’insoutenable.

Sleep Bonne nuit les petits! lol

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Théo le Dim 30 Nov - 1:11

Jsute: "Tu es maso Charline!" Very Happy

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Lilas le Dim 30 Nov - 11:38

C'est noble...
Non, mais vraiment: c'est noble.

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par lowa le Lun 1 Déc - 0:08

affraid mais elle est maladeeeee comment tu faiiiiiiiis tu es la fille cachée de super man ou quoi?

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Charline le Lun 1 Déc - 19:57

Nan! Celle de zill et ertel! lol

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Lilas le Lun 1 Déc - 20:26

HA-HAAA! Ça y est! On a enfin la preuve qu'ils couchent ensemble!

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Rémi le Jeu 4 Déc - 14:55

merci Charline ^^
Au fait, c'est qui Kurosawa ? :/












(après deux semaine de silence fallait bien que je dise une connerie pas marrante T.T)

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par lowa le Mar 9 Déc - 14:12

je vais tenter l'impression de tout ca mais je redoute que min imprimante ne crame sous le poids de ttes ces pages à printer.... il va falloir que je me recycle dans la culture de larbre fournisseur de papelard ! oooooo ETUDIANTS MEURTRIERS NOUS SERONT PUNIS PAR MERE NATURE!

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Re: Petite biblio Kurosawa

Message par Hughito le Mar 16 Déc - 15:19

Ertel a dit qu'il y avait deux livres principaux à lire, quelqu'un sait lesquels?

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